Quels sont les points positifs du budget 2010 ?
C’est assez peu positif pour la culture. Disons que nous sommes parvenus à limiter les dégâts… Il y avait une volonté d’économiser 300’000 francs sur le budget culturel en raison de la situation de crise économique actuelle. Nous sommes parvenus à limiter l’économie à 118’000 francs.
Il y a donc un certain nombre de lieux qui reçoivent moins d’argent que les années précédentes…
Oui. Mais il est difficile d’effectuer des comparaisons parce qu’entre 2009 et 2010, nous avons réorganiser la manière de structurer les thèmes du budget.
Par ailleurs, la ville accorde d’importantes subventions au Sismics (104’000.-) et au Sierre blues festival. (57’000.-). Est-ce judicieux ?
Si l’on compare avec l’Irish festival de Sion qui reçoit 200’000 francs à chaque édition, ce n’est pas énorme. D’autant que je suis d’accord avec Daniel Rossellat, directeur du Paléo, qui affirme qu’un festival grand public doit parvenir à s’autofinancer. Ainsi, le Blues festival reçoit un soutien dégressif sur quatre ans. Ensuite ils ne recevront plus de subventions publiques. Le Sismics est par contre un festival de BD alternative. Il est donc évident qu’il ne pourra jamais s’autofinancer et doit continuer de recevoir l’aide de la ville.
De quoi la vie culturelle sierroise a-t-elle besoin ?
Le nouveau plan directeur des infrastructures définit les projets de la ville pour une période de dix ans. La première chose, c’est de trouver une solution pour loger les sociétés locales. La ville envisage ainsi de reprendre la gestion de La Sacoche à cet effet. La deuxième c’est de faire des Halles un véritable centre de création qui puisse rayonner au niveau romand. En construisant une annexe au théâtre, il sera possible d’accueillir des compagnies en résidence et ainsi d’enrichir la programmation du théâtre.
Les Halles avait demandé une augmentation des subventions à l’exploitation. En 2009, le théâtre recevait 264’500 francs et souhaitait en rececvoir 300’000 en 2010 mais cette augmentation a été refusée. Ce montant était-il vraiment nécessaire ?
Le problème des Halles c’est qu’elles ne fonctionnent qu’avec un demi poste de technicien et un directeur à 60%. Le Crochetan ou La Poste à Viège ont beaucoup plus de moyens.
Vous pensez qu’il faut comparer Les Halles avec le Crochetan plutôt qu’avec les théâtres sédunois qui ne reçoivent que le quart du montant accordé aux Halles ?
Au regard de la taille et de l’infrastructure, oui. Et puis, Les Halles accueille des troupes locales et fournit un travail important en terme de programmation. En comparaison Le Crochetan reçoit 900’000 francs par année.
Le projet d’aménagement des bâtiments Usego a été refusé pour la cinquième fois. Quel est le problème à votre avis ?
Bon, en cinq ans le projet a beaucoup évolué. Il a pris de l’envergure avec le temps. Ce n’est donc pas le même projet qui a été refusé. Aujourd’hui, il s’agit de créer un espace ateliers pour artistes, des sous-sols destinés à l’Ecole d’art du Valais (ECAV) et une halle d’exposition pour créer cinq à six grands événements dans l’année. L’idée n’est pas de faire un deuxième Gianadda, le créneau de Sierre est plutôt l’art contemporain.
N’y a-t-il pas des risques de doublons avec un lieu comme la Ferme-asile à Sion ? Le Valais a –t-il besoin de plusieurs grands centres d’exposition ?
Cela dépend de l’orientation que l’on choisit. Mais je trouve triste qu’à part Martigny et Sion rien d’autre n’ait le droit d’exister. La proximité de l’ECAV justifie la création d’un centre d’art contemporain et ce point de vue est corroboré par le service de la culture de l’Etat du Valais.
Combien ce projet coûtera-t-il ?
Il faut 3 millions pour aménager les locaux de l’ECAV et 2,6 millions pour la halle d’exposition. Bien sûr, les travaux devraient avoir lieu par étapes, sur le long terme. En attendant ce lieu est déjà utilisé pour des expositions pendant la belle saison. C’est une véritable cathédrale de l’art qui donne un rendu magnifique aux œuvres.
Pour quelles raisons le budget a-t-il été refusé par le Conseil général ?
La crainte c’est que le lieu soit trop dispendieux en frais de fonctionnement. Mais vous savez, faire passer un projet culturel n’a jamais été simple. C’est s’il était accepté d’emblée que cela me paraîtrait étrange ! Et puis, deux montants ont été refusé pour 2010 mais il y a une entrée en matière politique puisque le projet est inscrit dans le plan directeur.


