L’art chinois investit le Valais

dimanche 15 novembre 2009, par Eric Felley

Enregistrer au format PDF

Le Manoir de la Ville de Martigny a verni en grande pompe samedi l’exposition consacrée à l’art hyperréaliste chinois de Pékin. Une peinture déroutante qui évoque le monde du travail. Dépaysant.

JPEG - 96.1 ko
Delphine Coutaz, hôtesse du Manoir devant un tableau.

Il aura fallu plus de deux ans de travail à Meds Olesen, directeur du Manoir de Martigny, pour faire venir en Suisse cette exposition regroupant les œuvres de trois artistes cotés – Wang Hongjian, Xu Weixin et Xin Dongwang – de l’école réaliste de Pékin. Le lieu accueillait samedi une forte délégation chinoise, dont l’ambassadeur en Suisse, Dong Jinyi. Pour faire la mesure, le jeune retraité du Conseil fédéral Pascal Couchepin a dit quelques mots de bienvenue. Et le gratin local et cantonal, dont Léonard Gianadda, s’était déplacé en nombre pour cet événement exceptionnel.

Au total, une trentaine d’œuvres ont pris le chemin de Martigny et le transport a été délicat et coûteux. Certaines toiles mesurent plus de deux mètres et valent plusieurs centaines de milliers de francs. Elles ne sont d’ailleurs pas à vendre, sauf pour un des artistes, qui pourrait « entrer en discussion ». Pour le reste, cette peinture est déroutante dans le contexte actuel de l’art en Suisse ou en Europe. Venant des chinois, on pouvait s’attendre à ce que l’iconographie tourne autour du travail – c’est d’ailleurs le titre de l’exposition : « WORK ». Les œuvres (toutes assez récentes, de 1999 à 2007) présentent le portrait de simples travailleurs : « Le paysan en habit de taxateur », « L’homme docile », « L’ouvrier modèle à la retraite », etc. Un peu comme Van Gogh peignait les mangeurs de pommes de terre. Nous sommes loin des people qui hantent nos esprits occidentaux.

C’est surtout la facture hyperréaliste des représentations qui surprend. On songe à un art d’État, comme l’art soviétique de la grande époque. Mais pour certains, ce serait une critique subtile du régime. En réalité, ce sont des artistes reconnus, et la présence de l’ambassadeur atteste de leur honorabilité au service du peuple chinois.

L’exposition présente aussi une partie didactique et des events autour de la peinture chinoise. À voir avec plaisir ou curiosité. Le dépaysement est en tout cas garanti.

Portfolio

Répondre à cet article