Jeune artiste facétieux, vivant à Arbaz, Yan Muehlheim présente sa première exposition personnelle à la Galerie Grande Fontaine à Sion. Chaque année, la maîtresse des lieux, Suzanne Bolli, donne une carte blanche à un nouvel artiste : « Sinon, dit-elle, il n’y a pas grand-chose pour eux. ». Le parcours de Yan M. est d’ailleurs atypique, puisqu’il se destinait à travailler dans le social, mais l’intérêt pour l’art a pris nettement le dessus. Il ne s’en cache pas, on lui trouve une parenté spirituelle avec les dadaïstes et leur détournement d’objets dans la poésie et l’absurde. Lui-même se considère comme un « embaumeur d’objets ». Parmi la vingtaine d’œuvres exposées ont citera un grand rond de bouteilles de bière avec écrit au milieu « amen », œuvre intitulée « Gerbe », les « Trophées d’aide au développement durable » (des bûches avec des roulettes), une reproduction d’un bulletin de loterie avec des « 0 » dans toutes les cases ou encore des chats momifiés.
Yan M. raccrochent ses œuvres au train de l’art contemporain dans la catégorie des récupérateurs. Ses projets peuvent réduire l’œuvre à une simple trouvaille comme dans « Suicide » (une règle en bois perforée), symbole d’un certain désarroi existentiel qui traverse l’ensemble des œuvres. Mais c’est bien fait. Il prépare d’ailleurs une exposition pour le Manoir de Martigny pour l’année prochaine avec le Gentil Garçon. Il faut se réjouir déjà de la rencontre de ces deux-là.


