L’art abstrait, décrié naguère dans nos contrées comme une fumisterie sans nom, fait aujourd’hui recette. Il suffisait de constater la foule accourue vendredi soir au vernissage du Musée d’art de Sion pour s’en convaincre. Tout le monde était là, tous les milieux de l’art et des musées et quelques artistes survivants avec leur famille. L’ancien pénitencier de la rue des Châteaux était pour une fois trop exigu pour accueillir tant de monde, prisonnier de leur passion. Les vernissages valaisans obéissent à un protocole immuable en partant du conseiller d’État (Claude Roch), du président de la ville de Sion (Marcel Maurer), de la directrice des Musées (Marie-Claude Morand) et du conservateur du Musée d’art (Pascal Ruedin).
On retiendra dans la moelle des discours l’ambition nationale de cette rétrospective de l’art abstrait en Suisse des années 1950 à 1965. Les visiteurs ne seront pas déçus parce qu’il y a abondance de biens et d’artistes. Pour l’amateur de peinture, c’est aussi le souvenir d’un Âge d’Or de la création, engagé, militant pour la couleur ou pour la forme, le format, le geste, la spontanéité, l’introspection et enfin le lyrisme qui regroupe ces œuvres sous un même titre. L’exposition (150 tableaux et dessins) est enrichie d’une partie didactique et historique, notamment au sujet de l’intégration des artistes suisses et valaisans dans un mouvement international dominé par la peinture américaine et française. L’art sans frontières. Que du bonheur dans les vallées alpines… À voir sans condition.
« Explosion lyrique. La peinture abstraite en Suisse 1950-1965 » Musée des Beaux-arts, Sion, jusqu’au 11 avril 2010.










