Nous sommes tous des transhumants

mercredi 16 juin 2010, par Eric Felley

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La Médiathèque de Martigny propose une abondante exposition collective autour de la transhumance d’hier et d’aujourd’hui. Dix photographes donnent une vision du Valais qui bouge de gré ou de force… ou qui ne bouge pas. Le miroir d’un Valais au quotidien, à la fois touchant et désespérant.

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La photo de l’affiche par Marc Latzel. Valais-mag

De toute évidence, nous sommes des transhumants. Si l’homme s’est sédentarisé, au quotidien ou à la semaine, il retrouve toujours ses sensations de nomade. Au sens large, la transhumance traduit cette nécessité de chacun d’être mobile pour simplement assurer sa survie. En Valais, on a l’exemple des générations pas si lointaines, dont la vie était rythmée par les saisons, en yoyo entre la plaine et l’alpe. Les temps ont changé, même si les alpages se remplissent en été, se vident en hiver et si les Bagnards ont toujours des vignes à Fully. Aujourd’hui, le Valaisan est plus souvent pendulaire. L’exposition de la Médiathèque de Martigny fait légèrement référence à l’histoire valaisanne, mais s’intéresse surtout au présent. Dix photographes montrent avec leurs lumières personnelles d’autres formes de transhumance contemporaine. La plus évidente est sans doute celle relevée par Gilbert Vogt qui a suivi un employé de banque à Genève. Le parfait pendulaire que l’on plaint souvent. Patrick Clausen fait le trajet en train tous les jours « Sion-Genève et retour », quatre heures de déplacement, dont une partie en trottinette. Charles Niklaus traite du même thème, mais par un autre bout de la lorgnette en affichant une galerie de personnages qui mangent sur leur lieu de travail à midi. Tout n’est pas rose dans cette transhumance contemporaine. Angel Banwart montre l’envers du décor en photographiant des zones dortoir récentes dans nos villes et villages, constructions fonctionnelles, dont l’image en noir et blanc traduit hélas trop bien le malaise ambiant, la tristesse et la vacuité de ces lieux de passage. Un thème complémentaire à celui des giratoires et des bretelles autoroutières de Jean-Claude Roh. D’autres reportages sont plus ciblés. Ainsi Delphine Claret nous fait partager une micro réalité qui semble hors du temps : le quotidien des « dames » d’Orsières qui vont en commission. Michel Martinez suit un forain de Saxon et sa petite entreprise. Quant à Julie Langenegger Lachance, elle nous montre une facette peu connue et très discrète de la transhumance internationale. Elle s’est glissée dans l’aéroport de Sion à l’affût difficile des jets privés et de leur clientèle fortunée qui rejoignent leurs « planques » dans nos montagnes… Enfin Marc Latzel, qui figure sur l’affiche, traite du thème des groupements humains comme lieu de transhumance. Mentionnons encore des reportages à travers nos montagnes d’Isabelle Favre et de Mélanie Rouiller.

Cette exposition a été réalisée dans le cadre du projet EQ2 pour EnQuête photographique valaisanne. Elle est visible jusqu’au 26 septembre.

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