La moitié féminine de the Fiery Furnaces s’essaie à l’effort solitaire, et ça lui réussit plutôt bien. Pendant que son frère aîné s’attèle à l’ambitieux projet de sortir 8 LPs en 12 mois, Eleanor trace son chemin sans faire de vagues, proposant avec Last Summer une pop-rock vaporeuse et efficace, débarassée des expérimentations soniques encombrant parfois les albums du duo.
C’est d’abord cette voix qui frappe. Cette voix chaude et familière, immédiatement reconnaissable, qui prend le temps de séparer les syllabes et semble hésiter perpétuellement entre coller à la mélodie et s’abandonner au spoken word. La diction peut surprendre, mais on se laisse vite entaîner et les mélodies, qui semblaient brouillonnes à la première écoute, se laissent apprivoiser après quelques passages. Si on pense immédiatement aux moceaux dépouillés des Fiery Furnaces (Heaven rappelle furieusement Evergreen), Eleanor Friedberger s’autorise quelques audaces, du saxophone ’80s de My mistakes à la basse funky de Roosevelt Island. En résulte un album homogène et agréable, qui se permet même de prendre son envol sur le tubesque I won’t fall apart on you tonight et son piano upbeat. Reste à espérer que la jeune femme continue sur sa lancée et nous ramène sa frange au plus vite.
La vidéo de My mistakes : couleurs passées, téléphones à fils et 33 tours de tous les côtés ? Et un clip pour hipsters, un !


