L’amour et la guerre. Deux pôles qui structurent ces textes d’Apollinaire et que Marine Billon, metteur en scène, a choisi comme structure de son spectacle. Le décor rappelle le front, parfois la musique jouée en live aussi. Les lumières intimistes laissent naître le romantisme des textes.
Les percussions de Damien Darioli et Thierry Debons se sont glissées entre les mots pour leur donner texture, rythme ou atmosphère. « Au départ, chacun s’est inspiré des poèmes pour faire des propositions. Les musiciens ont commencé à créer des rythmes avec des objets quotidiens ou militaires avant d’y intégrer des instruments », raconte Marine Billon. Certains textes sont chantés par MaryLaure Pugin, la plupart sont dits par Thomas Laubacher, dans le rôle de l’écrivain.
« Je voulais obtenir quelque chose d’à la fois concret, comme le contexte du front où était mobilisé Apollinaire, et de suffisamment abstrait pour laisser place à l’amour pour Lou », une aristocrate rencontrée à Nice avant la mobilisation. « Il fallait trouver comment créer un contraste entre ces deux choses-là sans tomber dans un réalisme trop violent ou dans un romantisme pur. »
C’est sur ce fil que Marine Billon a construit sa mise en scène. « Cette finesse rend le spectacle fragile. Il sera sans doute très différent d’un soir à l’autre. Il faut que le comédien parvienne tout le temps à rester dans l’instant présent pour que son jeu soit incarné sans tomber dans le pathos. » La jeune femme a fait le tri dans le recueil des « Poèmes à Lou » pour ne garder que ceux qui lui semblaient les plus forts et les plus porteurs. Elle a laissé place à certaines trouvailles ludiques proposées par les percussionnistes. « Cela aussi, c’était un équilibre à trouver, entre une trop grande austérité et des jeux trop présents. » Un spectacle en quête d’harmonie poétique et musicale qui réunit un joli panel d’artistes valaisans.



