Attendre la mort pour lui dire deux mots

vendredi 15 janvier 2010, par Cécile Gavlak

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De la plume de Wajdi Mouawad, « Pacamambo » invite petits et grands à un voyage au pays de la mort. Entre visions colorées et questions existentielles, l’enfance se présente de façon inhabituelle et pas vraiment drôle. La petite héroïne se raconte à son médecin. Et aux spectateurs.

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« Pacamambo »
crédit photos : Mercedes Riedy

Un face à face entre une fillette et un psy : c’est par cette scène que débute « Pacamambo », présenté au théâtre du Crochetan, à Monthey. Avec ses bottes en caoutchouc assorties à son costume rouge, Julie inspire la fantaisie légère. Sans infantilisation, la comédienne interprète une petite fille simple, volubile et enjouée. Pour représenter le psychiatre, un très sérieux fauteuil en cuir suffit, car les attitudes du comédien font le reste. Sa main palpe son menton ou un genou replié repose sur son autre jambe. La gravité face à l’insouciance. Mais quel est le problème ?

Julie a disparu pendant dix-neuf jours, laissant ses parents dans l’inquiétude. Enfermée dans la cave de sa grand-mère décédée, avec son chien, le Gros, et le cadavre de son aïeule, Julie a attendu la mort et l’a rencontrée. C’est ce qu’elle raconte à son médecin. Un comportement anormal pour lui, un acte naturel pour Julie. Dans son aventure, elle a découvert « Pacamambo », « le pays où tous les uns sont les autres, ou la vie est la mort. Le pays de l’empathie générale », confie-t-elle à son psychiatre. Qui s’interroge bien entendu et qui ne comprend pas, malgré toute son humanité.

« Une tragédie pour enfants »

La naïveté ne s’est pas invitée dans « Pacamambo », mis en scène par François Marin. « Pacamambo » ne propose pas aux enfants une partie de plaisir. Ni aux adultes. C’est un voyage dans le pays de la mort.

Glauque ? Pénible ? Insoutenable ? Il faut croire que l’auteur québécois d’origine libanaise Wajdi Mouawad considère l’enfance comme autre chose qu’un pays des merveilles. Il qualifie lui-même cette pièce de « tragédie pour enfants ». Être petit, c’est aussi se demander qui est la mort.

Une mort personnifiée. Une mort qui dirait « allez hop Julie, grouille ton cul, c’est à ton tour de passer par la fenêtre ». La fillette veut faire la peau à la mort qui l’a privée de sa grand-mère qu’elle aimait. Cette mort, qui fait partie de la vie, comme une évidence.

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