Compagnie Interface

« Au commencement d’un nouveau rêve »

dimanche 16 mai 2010, par Marie Parvex

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La compagnie Interface fête son entrée dans sa troisième décennie. Au programme : quatre spectacles du répertoire de la troupe et des invités surprises. Nous sommes revenus avec André Pignat, musicien, compositeur et metteur en scène, sur les vingt ans qui se sont écoulés. A travers l’histoire de la plus ancienne des compagnies de danse contemporaine du canton, c’est aussi l’évolution du Valais culturel qui se dessine.

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André Pignat. Valais-mag.ch

Comment est née la compagnie Interface ?

C’était en 1990. Stéphanie, Géraldine et Nathalie travaillaient déjà ensemble. A l’époque, les danseurs évoluaient toujours autour d’un chorégraphe, une tête pensante. Nous avons eu envie de créer une compagnie dans laquelle il n’y aurait pas de hiérarchie mais des prises de décisions horizontales entre tous les artistes. Ça paraît bête comme proposition en 2010 mais à l’époque cela n’existait pas et l’idée ne trouvait aucune résonance chez les interprètes. Les premières créations, nous les avons faites sans subvention. Puis, en 93 nous avons reçu 5000 francs. Aujourd’hui, on mesure l’évolution avec ThéâtrePro qui alloue des soutiens conséquents aux compagnies confirmées. Mais il a fallu attendre quinze ans pour cela.

Comment avez-vous réussi à financer le théâtre ?

Nous l’avons construit en 2000. Nous étions arrivés au bout de ce que nous pouvions faire en Valais en tant que compagnie. Nous avions joué dans les plus grands théâtres et il nous fallait trouver un renouveau pour rester dans le canton. Il n’existait pas alors de théâtre de création susceptible de faire venir des artistes en Valais. Nous avons lancé le chantier avec 3000 francs en banque. Et puis, petit à petit, nous avons trouvé des entreprises qui nous ont donné du matériel. C’était comme si, quand nous avions besoin de quelque chose, cela venait à nous.

Avez-vous aussi bénéficié de soutiens particuliers ? Mécènes ? Sponsors ?

Non. Nous n’avons pas non plus voulu faire appel à des organismes de subventions, dans un premier temps, parce que toutes ces décisions se prennent lentement. Nous avions besoin d’un théâtre de suite.

Si vous deviez recommencer, est-ce que vous feriez quelque chose autrement ?

Franchement non.

Vous n’avez fait aucune erreur ?

Si. Mais le problème d’une erreur, c’est si tu ne la transformes pas en réussite. Il faut apprendre à rebondir sur les événements.

Cela veut dire que vous referiez exactement la même chose ?

Aujourd’hui, non parce que le Valais a changé. Les besoins ne sont plus les mêmes. Le canton s’est mis en route. Les artistes et les intellectuels commencent à imaginer d’y rester. Certains pourraient avoir envie de revenir s’y installer.

Vous êtes le Théâtre Valaisan qui accueille le plus de créations ThéâtrePro. Qu’est-ce que cela vous amène ?

Non, c’est faux. Depuis deux ans, nous accueillons deux créations par année seulement. Il y a eu une saison où nous avions reçu cinq compagnies, mais cela était spécifique à cette année-là. Cela ne nous apporte rien en terme d’argent mais ces accueils permettent des échanges intéressants avec d’autres artistes.

Comment voyez-vous l’avenir d’Interface ?

La compagnie s’exporte de mieux en mieux dans le monde entier. Il y a vraiment un fort développement dans ce sens-là. Quant au théâtre, nous souhaitons développer les résidences à l’année pour deux compagnies. L’une d’elle sera la compagnie Gaspard. La seconde, nous la tenons encore secrète quelques temps.

Etes-vous arrivés au bout de la réalisation de votre rêve ?

On est au commencement d’un autre rêve : exporter le Valais. Notre combat de ces vingt prochaines années sera de faire prendre conscience aux Valaisans que leur art peut intéresser du public dans le monde entier.

Vous avez organisé un petit festival avec quatre jours de spectacles du 18 au 21 mai pour fêter cet anniversaire. Le 20 vous organisez un débat. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il portera sur la question suivante : « avons-nous encore le temps de nos utopies ? » Il sera animé par François Dayer avec autour de la table Jacques Cordonier, Oskar Freysinger, Yvan Aymon, des jeunes, des artistes, etc.

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