Guerre des sexes

lundi 4 janvier 2010, par Marie Parvex

Enregistrer au format PDF

Une femme coupe la tête de son mari, donne son corps à manger aux chiens et aux chats et envoie le crâne à un collectionneur de tête. « Un ouvrage de dames » est une comédie grinçante écrite par Jean-Claude Danaud en 1977. Un petit quelque chose de guerre de sexe, de féminisme revendicateur.

JPEG - 171.6 ko
Nathalie Rudaz, Marylène Rouiller et Sylvia Fardel.

Une femme coupe la tête de son mari, donne son corps à manger aux chiens et aux chats et envoie le crâne à un collectionneur de tête. « Un ouvrage de dames » est une comédie grinçante écrite par Jean-Claude Danaud en 1977. Un petit quelque chose de guerre de sexe, de féminisme revendicateur. La pièce porte cependant déjà un regard critique sur ce mouvement et ne manque pas de souligner les paradoxes de ces dames. « C’est une comédie bien écrite, très rythmée. C’est un théâtre qui a une certaine mécanique », analyse Fred Mudry. C’est Sylvia Fardel, comédienne du coin, qui a choisi ce texte et demandé au comédien valaisan d’en signer la mise en scène.

Pour contraster avec les rouages bien huilés du scénario, Fred Mudry a choisi d’introduire de la poésie dans sa mise en scène. « Nous ajoutons des choses qui sont en arythmie avec la pièce. Une temporalité autre, plus proche de celle du rêve. » Ce qu’il préfère dans ce travail c’est la direction d’acteur. « Je préfère déléguer tout ce qui est mise en espace pour me consacrer au jeu. »

JPEG - 167.6 ko
Les comédiennes en répétition.

Une mise en scène en colore une autre

JPEG - 6.7 ko
Fred Mudry

Sa manière de malaxer ce texte est en partie influencée par le travail qu’il effectue en ce moment pour « Le Silence » de Nathalie Sarraute. Le matin de 8h à 12h il travaille à sa mise en scène, l’après-midi il troque la casquette de chef pour celle de comédien sous la direction d’Armand Deladoëy. « Ce qui m’intéresse le plus dans le travail d’Armand c’est sa manière d’inscrire le langage du corps dans le jeu du comédien. Le corps joue avant le texte. » Les trois actrices d’ « un ouvrage de dames », Sylvia Fardel, Marylène Rouiller et Nathalie Rudaz, ont donc du se plier à un entraînement corporel quotidien, sur le modèle de l’échauffement proposé par Armand Deladoëy, pour trouver une énergie commune et une écoute mutuelle.

Le travail du texte lui-même n’est par contre pas inspiré du metteur en scène. « Armand travaille sur les mots, chaque mot est pris séparément et détaché des suivants. Cette technique n’est pas applicable à un texte comme celui de jean-Claude Danaud. Son écriture demande de prendre en compte le sens global de la phrase. » Deux techniques, deux styles qui cohabitent dans ses journées. Le comédien se dit fatigué. « C’est énorme comme travail. » Sorti de l’école en 2002, il n’a jamais cessé de jouer dans toute la Suisse romande. Aujourd’hui, il rêve d’avoir un lieu à lui. Un théâtre qui permettrait de jouer ce qui lui tient vraiment à cœur, de montrer ce qu’il a vraiment envie de dire. Un rêve qu’il est déjà en train d’essayer de réaliser.

Répondre à cet article