« C’est une pièce tragi-comique. Tragique parce que l’histoire est affreuse et comique parce que la vie est drôle. » Elle est toute fluette Olivia Csiky Trnka. Dans ses habits de scène avec sa couette sur la tête, j’ai l’impression qu’elle a douze ans. C’est justement l’âge de son personnage, Margot, au moment de son décès. Mais je ne dois pas me fier aux apparences : Olivia Csiky Trnka a écrit « Mais je suis un ange ! », en signe la mise en scène et en assume l’interprètation. « C’est horrible, je ne veux plus cumuler autant de casquettes. » N’empêche qu’elle l’a fait, entourée d’une « bonne équipe », comme elle dit.
Au paradis
Je n’ai pu voir que les trois premières minutes de son spectacle parce que les éclairages n’étaient pas encore prêts pour la suite. Mais de ces trois minutes, je peux dire qu’elles visent plutôt juste. D’abord, on me refuse les fauteuils rouges du théâtre parce que les spectateurs sont assis sur la scène, au centre de l’action. Ensuite, j’apprends que je suis morte et Olivia, enfin Margot, m’accueille au paradis. « Le théâtre c’est fait pour essayer des choses », estime la créatrice. « Je suis complètement athée. J’utilise le paradis comme une allégorie. » Un univers qui lui permet d’évoquer la mémoire : « les souvenirs c’est un peu comme ce que l’on prend avec nous quand on part en voyage rapidement. » Le désir aussi, un mode d’être immaîtrisé et qui génère un déplacement de soi, une création.
Le ton vif
Elle réfléchit beaucoup Olivia. Elle est licenciée en histoire de l’art et elle s’interroge sur l’esthétique, la fonction du théâtre… Il n’empêche, ces trois premières minutes de spectacle n’ont rien d’une prise de tête. Le texte est vif, drôle. Les émotions se succèdent à vive allure. Cette première création semble pleine d’intelligence et touche mes émotions tout en m’offrant des niveaux de lecture plus élaborés. Les vidéos d’Alexandre Morel sont projetées sur un amas de vêtement. Elles créent des personnages, des souvenirs tandis que la réplique est donnée par la voix de la conscience de la jeune Margot, interprétée par François Karlen.
Et après les trois pemières minutes ?
Olivia a le ton ferme et le pas décidé pour une jeune créatrice. Sûre d’elle ? « Faut croire que je suis une bonne comédienne. Ceci dit, je suis certaine que ce spectacle est intéressant. » En tous cas, moi je ne le manquerai pas. Parce que ces trois premières minutes étaient alléchantes et parce qu’il faut bien vérifier que la suite est du même tonneau !
« Mais je suis un ange », Cie Full Petal Machine, en création au Théâtre Interface du 5 au 8 novembre. Je, ve et sa à 20h 15, di à 19h.
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