Le béret, la tortue et ses clichés

vendredi 27 août 2010, par Cécile Gavlak

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« Le béret de la tortue » est annoncé comme le spectacle de l’été. Mais il est décevant et parsemé de clichés malgré une distribution de premier choix. Jeudi soir, six jours après le début des représentations à la belle Usine de Fully, la salle était pourtant comble et le public enjoué.

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Photo : Patrice d’Antonio

« Le béret et la tortue » raconte une histoire simple et banale. Trois couples passent leurs vacances dans une maison du sud de la France, au bord de la mer. Mais voilà : la vie en groupe, ce n’est pas toujours facile. Et dans chaque chambre, les couples se lâchent. Hypocrisie, jugements, suppositions malsaines, secrets, trahisons, critiques, avarice : aucun des trois couples n’échappe à une certaine mesquinerie envers les autres vacanciers.

Ce scénario vu et revu nécessite une mise en scène imaginative, subtile et originale pour qu’un bon spectacle naisse. Dans « Le béret de la tortue », des touches d’originalité sont à noter, comme le personnage de Martine (Clara Brancorsini), qui exerce un étrange métier. Elle s’occupe de l’enterrement d’animaux domestiques en leur offrant tout ce que leur maître désire. C’est ainsi qu’elle attend, pendant ses vacances, le coup de fil d’un client roumain, qui souhaite inhumer son zèbre. Martine lui a proposé de couper les pattes de l’animal pour les allonger près son corps, dans le cercueil…

Un air de réchauffé

Mais très vite, ce sont les clichés qui dominent. Une maniaque hystérique et radine (Brigitte Rosset), une assistante dentaire pin-up au rire naïf (Valeria Bertolotto), un organisateur rébarbatif et étouffant (Pierre Mifsud) : la palette des personnages a un air de réchauffé. Si les comédiens s’avèrent généreux dans leur jeu, diction et gestuelle sont travaillées, les personnages restent fades et manquent de nuances. Frédéric Recrosio apparaît en demi-teinte dans le rôle d’un intellectuel nonchalant, qui rejette en bloc les moments en groupe. Jean-Luc Barbezat interprète le rôle d’un artiste pataud et mou, toujours dans la même tonalité.

Si l’ambiance sur le plateau paraît conviviale, une bande d’amis comédiens rassemblée autour du metteur en scène Etienne De Balasy, « Le béret de la tortue » manque de profondeur et l’ennui peut remplacer le rire. Après une lassante suite de sketches de couples dans leur chambre respective, un repas explosif constitue la deuxième partie de la pièce. Mais là encore, aucune surprise. Les personnages dévoilent au grand jour les messes basses de leur intimité, avec le même ton, les mêmes arguments, et la confrontation est peu crédible. Les personnages crient, s’énervent, se contiennent, pleurent, pleurnichent, et le spectateur rit. Ou s’ennuie.

A voir encore jusqu’au dimanche 5 septembre 2010, à la belle usine de Fully et en tournée en Suisse romande jusqu’au 17 octobre.

Infos : www.leberetdelatortue.ch

Critique en direct sur Canal9 pendant L.E.D.

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