« Je voudrais que les gestes sortent de leurs corps comme des mots. » La montheysanne Rafaële Giovanola a travaillé avec cinq danseurs pour monter The Parallax View à voir aux Halles dès vendredi. Elle décrit sa danse par la conjonction « danse-théâtre ». Pas parce qu’elle revendique une affinité quelconque avec ce mouvement à ses origines mais plutôt parce que ses chorégraphies racontent des choses et qu’elle veut faire parler les corps. « Une fois, c’est le récit d’une épopée, une autre c’est un spectacle sur les tueurs en série…Cette fois, nous parlons de théorie du complot. »
A chacun sa vérité
« Parallax » est une mesure utilisée pour les objets qui changent de taille en fonction de leur observateur. « Les théories du complot c’est un peu cela aussi. Nous avons une foule de sources d’informations différentes et au sein de celles-ci chacun choisit sa vérité. C’est fascinant parce que n’importe qui utilise sa fantaisie pour créer des histoires. » La présence d’une vidéo et des textes de Bastien Fournier qui défilent sur un écran donneront divers angles de vue au spectateur.
La compagnie CocoonDance est déjà venue trois fois aux Halles mais c’est la première année qu’elle y est invitée comme compagnie résidente. Son spectacle est joué en première en Valais avant de tourner en Europe. La troupe a son siège en Allemagne, à Bonn, où elle possède aussi un théâtre et où elle est régulièrement encensée par la critique. C’est que Rafaële Giovanola a un parcours artistique empreint de réussite. Elle a quitté Monthey assez jeune pour faire des études de danse classique à Monte-Carlo. Elle est ensuite engagée plusieurs années chez le grand William Forsythe avant de créer sa propre compagnie il y a dix ans.
Des étudiants néophytes sur scène
Pendant son passage aux Halles, elle propose diverses activités. La chorégraphe a travaillé pendant une semaine tous les matins avec des étudiants de l’Ecole de commerce de Sierre. Elle leur a donné les mêmes instructions et le même décor qu’à ses danseurs et les jeunes présenteront leur spectacle lundi matin à 10h. « C’est une chose qui se fait beaucoup en Allemagne où je travaille toute l’année avec des classes. J’adore comparer leur approche avec celle des professionnels. Les jeunes font de l’art brut, surtout les garçons. » Insérer de la danse contemporaine dans le programme scolaire hebdomadaire permettrait aux enfants de faire un travail de groupe et d’établir une communication physique. « Cela soude les classes. »
Atelier d’improvisation
Rafaële Giovanola propose aussi un workshop de deux jours sur les techniques d’improvisation de Forsythe , une prise de conscience de l’espace à travers les points et les lignes qui entourent un corps. « Cette technique marche à tous les coups. Chaque participant découvre une nouvelle manière de bouger. » Cet atelier est ouvert à des gens qui connaissent un peu la danse. Il y reste encore quelques places.



