Comme beaucoup de compagnies en Valais, Opale a du mal à exporter son « Malade imaginaire ». Jouée pendant prêt d’un mois au Château Mercier, la pièce a aussi été présentée lors de dix scolaires cet automne. Elle a été encensée par la critique, notamment dans un grand article paru dans Le Temps. C’est assez rare qu’un journaliste se déplace en Valais pour être souligné. Les spectateurs se sont bousculés, s’asseyant même dans l’herbe faute de sièges disponibles pour profiter des représentations. Mais cela ne suffit pas à obtenir facilement une tournée en Suisse romande. « Le spectacle est trop cher pour qu’un théâtre puisse l’acheter. Il faut donc essayer d’organiser une tournée sur un mois dans plusieurs théâtres. Ce sera peut-être possible début 2011 mais rien n’est sûr », explique Anne Salamin qui tient le rôle de Béline.
L’autre possibilité, c’est de procéder par échange de spectacles entre deux théâtres. Une solution qui pourrait être facilitée par ThéâtrePro-Vs. La compagnie a monté le Malade imaginaire en collaboration avec le Théâtre des Halles comme cela est exigé par ce dispositif de subventionnement. Aujourd’hui, les Halles pourrait échanger Le Malade imaginaire avec un spectacle créer dans un autre lieu de Romandie.
Un hypocondriaque à l’heure de la grippe porcine
Il n’empêche, il semble moins aisé pour une troupe valaisanne de jouer au bord du lac que cela ne l’est pour les compagnies vaudoises ou genevoises. « Nous espérons que les programmateurs dépassent les préjugés qui entourent le théâtre classique et nous donnent une chance », ajoute la comédienne qui explique le succès foudroyant de cette pièce par la force du texte de Molière. « Le miroir tendu par ce texte dans le contexte actuel est très puissant. Lorsque nous avons choisi ce spectacle, nous sortions de la grippe aviaire. Mais nous n’avons pas pensé à cela une seule seconde. »
Aujourd’hui, la grippe porcine vient confirmer la compagnie dans son choix. Un texte qui aide même les médecins à prendre de la distance. « Certains membres du corps médical sont venus nous dire que cela leur faisait du bien de rire d’eux-mêmes ! » Qui sait, une petite grippe du chat viendra peut-être en 2011 soutenir la troupe dans son projet de tournée hors montagnes ?
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