Journalisme citoyen

L’art sacré délaissé

dimanche 3 janvier 2010, par Ruth Parvex

Enregistrer au format PDF

Mais pourquoi donc le public sédunois boude-t-il le Festival d’art sacré ? Ce sont pourtant de très bons ensembles que nous avons pu entendre en cette fin de mois de décembre à la Cathédrale.

Le 27 décembre c’est la « Sestina » de Neuchâtel qui proposait des chants espagnols du 16e siècle de Francisco Guerrero. Huit chanteurs a capella interprètent cette musique proche du grégorien, musique immobile qui tend au recueillement. L’interprétation est sobre, les voix sont précises. C’est beau, paisible, intérieur. Cela correspond parfaitement à cette période de l’année.

Le 29 décembre, c’est à un double récital que le public, confidentiel, placé en cercle dans le chœur de l’église, était convié. La première partie avec le ténor Félix Rienth et la « Tempesta » de Bâle (un orgue, une viole de gambe, une flûte à bec) jouent des musiques de Telemann et Haendel avec brio et enthousiasme. La jeune flûtiste, Dominique Tinguely, a brillamment tenu sa place bien qu’elle ait remplacé la titulaire au « pied levé ».

En 2e partie, nous avons eu le bonheur d’entendre Anouschka Lara, chant, et Maria Ferré, guitare, dans des œuvres de Monteverdi et des chants de Noël populaires espagnols et catalans. Anouschka Lara, toute fine, légère, vêtue d’une robe rouge vaporeuse, a réchauffé le public de sa voix souple, de son entrain, de sa chaleur méridionale. Elle habite ce qu’elle chante, parvient à le faire partager.

Me reste deux questions :

Pourquoi le public n’est-il pas au rendez-vous ? Où est la curiosité, l’ouverture d’esprit, le plaisir de découvrir des talents ? Serait-ce par hasard l’esprit de clocher qui joue des tours au Sédunois ?

Pourquoi les conditions sont-elles aussi inconfortables pour le public frigorifié, pour les musiciens et pour les instruments qui paraissent rechigner à s’adapter ?

Répondre à cet article