En phase avec les Chinois.

mardi 12 octobre 2010, par Eric Felley

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La Chine était invitée d’honneur à la Foire du Valais et tout y était parfait, à la Chinoise. C’est-à-dire sans surprise. J’y suis allé samedi, le lendemain de l’annonce du Prix Nobel de la Paix au dissident Liu Xiaobo. L’envie m’est passée par la tête de féliciter la Chine à travers les officiels présents qui me souriaient. De leur dire que ce prix prouvait le côté éminemment pragmatique de la culture politique chinoise, subtile même. Le peu de désordre que causait Xiaobo leur valait tout de même la plus haute distinction internationale. Riche culture de paradoxes que celle qui produit son contraire avec une telle réussite.

Mais les Chinois n’auraient pas compris mon humour. Cet été, j’ai fréquenté des Chinois, un surtout, pour écrire un article qui le concernait personnellement contre une école en Valais. J’ai compris deux ou trois choses. Bien qu’il avait des preuves et qu’il avait raison, cela ne suffisait pas. D’abord, il fallait lui expliquer pour qui je travaillais, ensuite à qui la rédaction en chef en référait, ensuite à qui en référait le comité éditorial, ensuite à qui en référait l’éditeur. A la fin, il voulait qu’il y ait une personnalité politique de premier plan à qui référait tout ce monde. Je n’avais pas de nom à lui donner comme ça. A mon sens, le journal était libre. Je n’allais pas commencer à lui dire que cette liberté avait des limites qu’on ne percevait pas toujours facilement.

Ce que nous appelons nous la liberté, pour lui c’était un vide incompréhensible. Une insécurité, voire une folie, qui mettait chacun et le groupe en danger. L’obéissance étant la première vertu sociale chinoise. Alors, octroyer un tel honneur à Liu Xiaobo, le désobéissant, cela n’a pas de sens pour l’immense majorité des Chinois. Un peu comme chez nous, si Bernard Rappaz avait eu le prix Nobel de la Paix.

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