La dure loi du sport est implacable. On a beau dire que la participation compte pour l’essentiel, les médailles en chocolat ne font pas vendre. Le traitement médiatique des jeux de Vancouver n’échappe pas à la règle. Ainsi Stéphane Lambiel ne fait plus la une des médias, Cuche non plus. On ne verra pas leurs villages en liesse et l’accolade d’une miss locale ou d’un conseiller national.
C’est évidemment dans ces moments-là qu’à nous, les non-sportifs, les sportifs nous semblent plus humains et plus vulnérables, comme nous tous à notre échelle. Un demi-point pour Lambiel, une poignée de centièmes pour Cuche. Pour cette infime différence, la Suisse bascule dans la défaite. S’ils avaient gagné, comme prévu, les éditoriaux dithyrambiques à la Federer étaient prêts. Rien que du bonheur national brut. Pour un cheveu, un iota, on est sevré de l’enthousiasme et du gargarisme ambiant.
Tant mieux, nous avons échappé à deux victoires. Non pas pour se réjouir de la défaite de ces deux sportifs de pointe, mais pour échapper un temps à la propagande nationaliste qu’ils tirent dans leur sillage. Cela dit, j’ai parlé trop tôt car le Saint-Gallois volant, fils de paysan, a encore gagné ce week-end. En ouverture du TJ, on a eu droit dimanche soir à un clip à sa gloire avec l’hymne national tout entier. Le TJ commençait donc par une pause cigarette sur le balcon.

