La polémique sur les musées suscitée par un groupe de femmes au Grand Conseil, dont Virginie Crettenand et Claudie Oggier, a provoqué étonnamment des réactions favorables parmi les députés, qui n’ont, d’habitude, guère de temps à consacrer aux affaires culturelles. C’était au mois de septembre. Une des causes de cette poussée de fièvre est la gestion obsolète des musées cantonaux et le recyclage à tous les coups de vieilles bâtisses, dont le nouveau Musée d’histoire de Valère. Le Conseil d’Etat a défendu sa politique culturelle sur la durée et promptement donné une fin de non-recevoir au quarteron de femmes qui lançait une pierre dans son jardin.
D’un Gouvernement essentiellement conservateur, on ne pouvait s’attendre à autre chose que la continuité dans une certaine inertie. Et pourtant, il y aurait tant à faire pour que le canton se dote d’un espace culturel moderne, spacieux et conçu pour la présentation de l’art d’aujourd’hui. Les Vaudois, dont la lenteur est légendaire, après l’échec de Bellerive, ont pourtant rapidement décidé de remettre à l’ordre du jour la création d’un nouveau musée des Beaux-Arts près de la gare CFF. De leurs côtés, le Tessin (qui a le même nombre d’habitants que le Valais, soit 300 000) crée un complexe extraordinaire mêlant l’art, l’architecture et le logement, devisé à 200 millions de francs (privés et publics).
Canton touristique important, le Tessin joint le geste à la parole quand il s’agit de mettre en avant la culture. En Valais, on n’a souvent que la parole, mais pas le geste. Ou alors par petite touche, comme la rénovation de la Ferme Asile qui sera inaugurée en novembre. C’est une étape. Mais il ne faudrait pas s’arrêter là pendant dix ans en prétextant que tout a été fait. Pour qu’elle reste vivante, la culture a besoin de projets, de concours, de concepts et de réalisations. Sinon pourquoi on formerait des gens ?

