Premier jour de chômage. Cela fait trois mois que je me prépare psychologiquement à affronter cette date. Bon, le chômage je connais. J’y suis restée presque deux ans au sortir de mes études. Je sais déjà que ça a des bons côtés et des mauvais. Comme tout.
Ce n’est pas ça qui m’angoisse en ce premier jour. C’est plutôt la paperasse et toutes les démarches administratives qui m’attendent. Je suis donc psychologiquement « armée » pour faire face aux escaliers, corridors, guichets et absurdités du chemin. Première étape : l’inscription au bureau de commune de mon petit village de montagne. C’est un plaisir rien que d’imaginer le visage accueillant et compréhensif de l’employée de bureau d’une autre génération qui n’a jamais connu le mot chômage.
J’entre. Je me suis trompée, elle est blonde et souriante. Je n’ose quand même pas la regarder dans les yeux en prononçant les mots « inscription » et « chômage ».
En fait, ce n’est pas un regard en coin qui m’attend mais un « mais Madame, pour cela il faut prendre rendez-vous ! » Ah bon ? Moi j’ai juste regardé les horaires d’ouverture du bureau (14h-17h) . « Ben oui, vous comprenez, on ne peut pas se permettre de bloquer un guichet pendant une demi-heure pour remplir votre formulaire ! »
Ah-ah ! Ben, je viens d’apprendre que les bureaux de mon bled sont aussi courus que ceux de New York. Pas de rendez-vous possible avant cinq jours ouvrables parce que personne ne travaille les autres jours visiblement. Bien, rebelote pour la première étape du parcours dans une semaine ! A la revoyure petite blonde souriante !
Suzanne s’est trouvé des amis :

